Un chantier payé à 60 jours quand vos fournisseurs vous réclament 30, c'est un mois de trésorerie que vous financez à la place de votre client. La loi vous donne pourtant des marges que beaucoup d'artisans n'utilisent pas.
Les plafonds entre professionnels
En l'absence d'accord particulier, le délai de règlement est court par défaut. Lorsque les parties conviennent d'un délai, celui-ci est plafonné : on retient généralement un maximum de 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si cette formule est expressément prévue au contrat.
45 jours fin de mois : attention au piège
Cette formule se calcule de deux manières selon la rédaction du contrat, et l'écart peut atteindre deux semaines. Si vous l'utilisez, précisez noir sur blanc la méthode retenue. Sinon, privilégiez un délai en jours calendaires depuis l'émission : c'est plus simple et moins discutable.
Les particuliers ne sont pas concernés
Ces plafonds encadrent les relations entre professionnels. Avec un particulier, le délai est celui que vous fixez au devis. En pratique, le paiement à réception, voire un solde exigible à la fin du chantier, est la norme et se négocie sans difficulté.
Trois leviers pour être payé plus vite
- 1Demandez un acompte à la signature du devis. Sur un chantier de plusieurs semaines, c'est légitime et cela finance vos achats de matériaux.
- 2Découpez les gros chantiers en situations intermédiaires plutôt qu'une facture unique à la fin.
- 3Facturez le jour où le chantier se termine, pas à la fin du mois. Chaque jour de décalage à l'émission est un jour de décalage au paiement.
Écrivez une date, pas un délai
« Paiement à 30 jours » oblige chacun à faire le calcul, et laisse place à l'interprétation sur le point de départ. « Échéance : 15 mai 2026 » ne se discute pas, et rend la relance beaucoup plus simple à formuler.