Trésorerie

Pénalités de retard : comment les calculer et les appliquer

Les pénalités de retard sont dues de plein droit, sans rappel préalable. Encore faut-il les avoir annoncées et savoir les calculer.

Publié le 5 min de lecture

Beaucoup d'artisans considèrent les pénalités de retard comme une formule décorative en bas de facture. C'est un droit réel, exigible sans mise en demeure, et son seul affichage suffit souvent à faire payer plus vite.

À partir de quand elles courent

Dès le lendemain de la date d'échéance figurant sur la facture. Aucun rappel n'est nécessaire pour qu'elles soient dues : elles s'appliquent de plein droit. C'est précisément pourquoi la date d'échéance doit être une date précise, et non un vague « à 30 jours ».

Quel taux appliquer

Le taux est celui que vous avez indiqué dans vos conditions de vente et sur vos factures. À défaut de mention, un taux légal de référence s'applique, généralement indexé sur le taux directeur de la Banque centrale européenne majoré de plusieurs points. La loi fixe par ailleurs un plancher : le taux retenu ne peut pas être inférieur à plusieurs fois le taux d'intérêt légal.

Les taux de référence changent chaque semestre. Indiquez dans vos conditions un taux fixe clair plutôt qu'une formule que vous devrez recalculer, et faites valider ce taux par votre comptable.

La formule de calcul

Le calcul se fait au prorata du nombre de jours de retard, sur le montant TTC impayé :

Pénalités = Montant TTC impayé × Taux annuel × (Nombre de jours de retard ÷ 365)

Sur une facture de 2 400 € TTC, avec un taux annuel de 12 % et 45 jours de retard : 2 400 × 0,12 × (45 ÷ 365), soit environ 35,50 €. À cela s'ajoute l'indemnité forfaitaire de recouvrement.

L'indemnité forfaitaire de 40 €

Entre professionnels, une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement s'ajoute automatiquement aux pénalités, par facture impayée. Elle est due sans justificatif. Si vos frais réels de recouvrement dépassent ce montant, vous pouvez en demander le complément, à condition de pouvoir les justifier.

Les appliquer, ou seulement les afficher ?

En pratique, beaucoup d'artisans ne réclament pas les pénalités sur un bon client qui a simplement oublié. C'est un choix commercial parfaitement défendable. Mais ce choix n'a de valeur que si les pénalités étaient exigibles : renoncer à un droit qu'on détient est une faveur, ne pas avoir de droit est une faiblesse.

Mentionnez-les systématiquement, rappelez-les à la deuxième relance, et décidez au cas par cas si vous les facturez.

Ce qui doit figurer sur la facture

  • La date d'échéance précise du règlement.
  • Le taux des pénalités de retard applicable.
  • La mention de l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.
  • Les conditions d'escompte, ou la mention qu'aucun escompte n'est accordé.

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Questions fréquentes

Faut-il une mise en demeure pour appliquer des pénalités ?
Non. Elles sont dues de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans rappel préalable, dès lors qu'elles figurent sur la facture et dans vos conditions de vente.
Les pénalités s'appliquent-elles aux particuliers ?
Le régime des pénalités entre professionnels et l'indemnité de 40 € ne s'appliquent pas aux particuliers. Des intérêts de retard restent possibles, mais dans un cadre différent.
Le calcul se fait-il sur le HT ou le TTC ?
Sur le montant TTC réellement impayé.
Puis-je renoncer aux pénalités sur un bon client ?
Oui, c'est un choix commercial. L'important est qu'elles soient exigibles : y renoncer est alors un geste, pas une obligation.

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